Une expérience émouvante dans le domaine de l’aide humanitaire (Michel C.)

Avis au lecteur : loin de moi l’idée de donner des leçons car je sais que vous êtes nombreux à être dévoués à de bonnes causes, que ce soit dans l’anonymat, dans les Associations... Mais venant de vivre un événement assez extraordinaire qui m’a aidé à franchir un cap difficile, je souhaite tout simplement faire partager ce « coup de cœur » qui m’a redonné un second souffle. 

  Dans ma solitude, j’ai trouvé comme exécutoire l’écriture, avec comme support nombre de recherches historiques ou documentaires visant, avec l’acharnement qui me distingue, à lever des zones d’ombre sur le parcours atypique de certains de mes ancêtres mais paradoxalement, les obstacles jalonnant ce qui relève parfois d’un véritable « parcours du combattant », finissent de me saper le moral. Aussi, je m’autorise quelques pauses et utilise un peu de temps libre pour, en dépit de ma fragilité, aller à la rencontre, réelle ou virtuelle, de celles ou ceux qui ont besoin d’un peu de compagnie, d'accompagnement, d’encouragements… Je n’attends rien en retour de ces gestes qui sont tout naturels pour moi ; tout en me ralliant à ce proverbe chinois :"mieux vaut allumer une chandelle que de maudire l'obscurité" j’estime ne faire que mon devoir …

  En marge de ces actions de fond, je viens de vivre une expérience qui m’a apporté un immense bonheur et une vive émotion ; libre à chacun d’y attribuer les symboles qu’il y percevra en fonction de ses propres aspirations, convictions… Bien sûr, certains pourront me rétorquer qu’ils ne m’ont pas attendu pour s’impliquer dans ce type d’action, ou encore qu’il n’est nul besoin de franchir nos frontières pour faire œuvre utile auprès de populations démunies… et je n’ai aucun doute à ce propos.

Perçant d’épaisses nébulosités, un rayon de soleil est venu illuminer et réchauffer mon âme…

  L’événement que je rapporte est plus précisément le parrainage d’une fillette de Madagascar pour lui permettre d’être scolarisée. Pourquoi Madagascar ? :

- Ce pays est l’un des plus pauvres de la planète et le nombre d’Associations d’aide à sa population (en dehors ou à l’intérieur du territoire) est impressionnant ;

- L’une de mes trois filles (Sylvie), infirmière, a été volontaire pour y accomplir une mission humanitaire au cours de ses études et elle en est revenue transformée, enrichie d’une formidable expérience sociale, humaine ; malgré les conditions de vie particulièrement difficiles qu’elle a côtoyées lors de ce stage, son souhait le plus cher est d’y retourner ;

- Au mois de décembre 2014, j’ai assisté avec un immense plaisir au concert donné par « Les Prêtres » à Saint-Étienne ; comme tous les spectateurs, j’ai été touché par les messages de cet homme particulièrement charismatique qu’est Monseigneur Di Falco et ne suis pas resté indifférent à l’annonce que les bénéfices de la tournée étaient dédiés, au moins pour une grande part, à des œuvres malgaches.

- Je communique depuis peu, via l’un des réseaux sociaux, avec la « communauté » – la fratrie devrais-je dire – à laquelle j’appartiens, celle des Anciens Enfants de Troupe 1 (« AET »). À cette occasion, j’ai capté au mois de Septembre le message de l’un d’entre nous, Stéphane Boisseau, signalant avoir « accepté avec honneur et fierté le poste bénévole de coordinateur de l'école des bambins juniors à Ambalavao 2 perpétuant ainsi la tradition de continuité du travail accompli par ses aînés... ». Dans un autre communiqué, il invitait la communauté à soutenir son action par des dons, des parrainages…, et ceci par le biais des structures associatives officielles.

  Aussitôt dit, aussitôt fait…ou presque. Moyennant quelques formalités administratives auprès de l’association régionale, le recueil d’informations auprès de Jean-Claude Deborre, un de mes condisciples de l’EMPT de Tulle et de son épouse Monique, d’origine malgache – eux-mêmes fortement impliqués dans l’aide humanitaire –,j’ai signé mon contrat de parrainage d’une fillette âgée d’à peine plus de quatre ans, Mirella, pour qu’elle puisse être scolarisée dans cette école francophone. Curieusement, Mirella est le prénom de l'épouse de Laurent Voulzy, ce couple parrainant des enfants dans un des trois orphelinats de Madagascar; d'après mes informations ce ne serait que l'effet d'un pur hasard...

Hommage à Stéphane et à l’Association

  Je ne connais Stéphane que depuis peu mais je me suis bien évidemment intéressé à son profil. Sa carrière professionnelle a débuté par un séjour de cinq ans au 8ème Rpima (régiment de parachutistes). Occupant ensuite des postes à responsabilités dans le secteur civil pendant une vingtaine d’années, il s’est installé à Madagascar à l’occasion d’un « break » – qui selon lui sera sans doute définitif – pour se consacrer aux œuvres humanitaires. Âgé de quarante-cinq ans (comme ma deuxième fille Sylvie), il appartient à la génération qui me suit mais nous avons hérité de notre éducation scolaire des mêmes valeurs : courage, détermination, sens du devoir…, valeurs n’ayant fait que s’affirmer pour cet homme qui fut présent sur les théâtres d’opérations militaires extérieures. Il a acquis, dans la suite de sa carrière, l’expérience du Management, confortée par l’acquisition d’un diplôme universitaire à l’Institut français de Gestion (Université Paris X Nanterre). Bien sûr, une autre caractéristique, et pas la moindre, lui a valu d’avoir été investi dans la fonction qui lui est dévolue aujourd’hui : la vocation, et le mot est faible. Au cours des échanges que nous avons eus, il m’a rapporté cette phrase qui exprime toute sa passion : « je ne fais que donner de mon temps et toute mon envie...c’est dur, épuisant souvent, mais ô combien épanouissant... »

  En tant qu’AET, j’ai eu le privilège de recevoir une photo de Mirella dans un délai inattendu, c’est à dire dès sa scolarisation. En m’envoyant ce cliché, Stéphane me signale : « fortement ému d’avoir un de nos parrains AET. À noter comme je te le disais qu'elle porte aussi bien l'uniforme que toi en ton époque !!! Amitiés AET » Ce à quoi j’ai répondu : « C'est à toi Stéphane que je dois cette dose de bonheur... »

  Mirella, ma filleule, a pu être scolarisée depuis le 8 octobre 2015.Un peu ma 4ème fille et/ou le 6ème de mes petits-enfants. Bien que la fillette soit complètement passive, je crois percevoir dans son regard innocent un immense signe de gratitude. Dès ce jour, je fus convaincu que cette merveilleuse histoire n’en resterait sûrement pas là...

Mirella 1

  Comme promis, Stéphane m’a fait parvenir une photo de Mirella prise à l’occasion du Noël 2015 de l’École des Bambins. Portant une magnifique robe qui lui a été offerte par son parrain, l’expression de son regard (plus que concentré sur l’objectif), l’esquisse timide d’un sourire en disent long sur son bonheur...

Noël 2015

  En ce début d’année 2016, Stéphane, une nouvelle fois, n’a pas manqué d’attention à mon égard, m’envoyant ce message agrémenté de photos : « ta gentille filleule se joint à moi pour te souhaiter une belle et agréable année 2016…santé et bonheur…  Elle a repris l’école dès lundi et n’a jamais été absente depuis que tu lui as fait le bonheur d’être scolarisée… elle s’en rendra compte plus tard, mais, je te le redis, c est une formidable chance que tu lui as donnée… »

  Sans être encore familiarisé avec ses principes de fonctionnement, ses rouages et interactions avec l’École des Bambins, j’ai déjà la preuve que l’Association tient ses engagements : transmission du compte rendu du voyage de fin d’année à Madagascar, mise à jour des fiches sociales des filleul (e) s et envoi à chacun (e) des parrains et marraines d’un souvenir de l’école. Pour ce qui me concerne, j’ai reçu une des premières « œuvres d’art » de la fillette sous la forme d’un dessin et de ses décorations ; encore beaucoup d’émotion, des souvenirs lointains ravivés, puisque le dernier de mes petits-enfants est déjà âgé de dix ans…

dessin Mirella

  La « fiche sociale » de Mirella n’a pas manqué de m’interpeller et de m’émouvoir. Bien qu’ayant une vague idée sur les conditions d’existence des populations déshéritées, j’ai pu prendre conscience de la dure réalité de la situation matérielle, familiale… de ma filleule. Éprouvant une certaine gêne devant ce constat, mon éthique et ma pudeur ne m’autorisent pas à rapporter ici toutes les informations rapportées sur ce document signalétique.

  Plus globalement, je relativise ma contribution face à l’immensité des besoins, avec un réel sentiment d’impuissance ; je me sens ridicule, comme un point de suture dérisoire sur la plaie béante de la misère…